La norme de 50 mg/l de nitrate

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a établi, à des fins de santé publique, une concentration maximale de 50 mg de nitrate par litre d’eau.

Cette a valeur est recommandée de manière à protéger les nourrissons alimentés au biberon vis-à-vis de la méthémoglobinémie. Le principal problème potentiel du nitrate et du nitrite est la formation de méthémoglobinémie (le syndrome du bébé-bleu). Le nitrate réduit dans l’estomac des nourrissons conduit à la formation de nitrite capable d’oxyder l’hémoglobine de manière à former la méthémoglobine ; cette dernière provoque une réduction de la capacité du transport d’oxygène.

Cette norme a été reprise par l’Union européenne et la Région wallonne. Elle a été définie de manière à permettre de protéger l’ensemble de la population, (y compris les personnes les plus sensibles comme les nourrissons et les femmes enceintes), contre tout effet éventuel des nitrates sur la santé. Cette valeur est impérative : si elle n’est pas respectée, l’eau est considérée comme non-conforme.

Il est bon de savoir que les concentrations « naturelles » en nitrate dans les eaux souterraines sont généralement inférieures à 10 mg/l. Cependant, à l’heure actuelle, 10 % des prises d’eau brute destinées à la distribution publique dépassent la valeur de 50 mg/l de nitrate. Malgré tout, l’eau du robinet continue de répondre aux exigences de l’Union européenne et de l’Organisation mondiale de la Santé. Il faut retenir que l’eau au robinet des usagers ne dépasse jamais les 50 mg/l.

Bonnes pratiques agricoles

Une partie du nitrate dans les eaux peut provenir d'un épandage en trop grande quantité par les agriculteurs.

Face à cette problématique, l'Union européenne a décidé de réagir. En décembre 1991, elle a pris une « Directive nitrate », autrement dit une loi (un règlement). 
Son but : éviter la pollution par ces matières, donc préserver la santé et améliorer la qualité de l'eau de surface et des nappes souterraines et diminuer l'eutrophisation des mers. 
Chaque région d'Europe doit évidemment appliquer cette directive : la Wallonie tout comme les autres régions d'Europe.

Le 29 novembre 2002, la Région wallonne a lancé un « Programme de Gestion Durable de l'Azote en agriculture  » (PGDA). Elle propose aux agriculteurs un "code de bonnes pratiques agricoles". C'est un ensemble de manières de travailler obligatoires pour utiliser l'engrais contenant de l'azote selon les besoins des plantes.

Ce code, c'est un peu le code de la route des agriculteurs, celui grâce auquel ils peuvent éviter des "infractions" qui polluent l'eau.

Voici en résumé les principales mesures prises par les agriculteurs pour protéger les eaux de la pollution par le nitrate :

  • Respecter des limitations sur les quantités d’engrais épandues. Inutile de mettre plus que ce qui est nécessaire aux plantes car, en agissant ainsi, on gaspille de l’engrais et on pollue l’eau.
  • Ne pas appliquer d’engrais, de fumier ou de lisier sur un sol couvert de neige car le nitrate n’est pas consommé par les plantes et ira rejoindre les nappes souterraines ou les cours d’eau à la fonte des neiges.
  • Ne pas appliquer d’engrais de lisier sur sol gelé.
  • Ne pas mette de tas de fumier près des ruisseaux, des cours d’eau, près des puits et des captages d’eau (un captage est un endroit où on pompe l’eau du sol).
  • Ne pas épandre d’engrais, de fumier ou de lisier sur les sols en pente où ils risquent de couler vers les rivières.
  • Semer des Cultures Intermédiaires Piège à Nitrate (CIPAN)