Le rôle d’une zone tampon est de protéger les organismes aquatiques et, de manière plus générale les eaux de surface, des produits phytopharmaceutiques (PPP) entrainés par les brumes de pulvérisation.

Qu'est-ce qu'une zone tampon ? 

Une zone tampon est une bande de terrain non traitée établie entre une surface traitée et les eaux de surface OU entre une surface traitée et les surfaces pour lesquelles le risque de ruissellement vers les eaux de surface est élevé.

Il existe deux catégories de zones tampon : les ZT minimales et les ZT étiquettes.  

 

Deux types de zones tampon

En Wallonie, tous les utilisateurs de produits phyto doivent les respecter. Pour une situation et un produit donné, il convient de toujours comparer la largeur de ces deux ZT et de respecter la plus large des deux.

Zones tampon minimales 

Zones tampon étiquettes

Mesures régionales

Mesures fédérales

Ces zones tampon ne sont pas liées au produit utilisé. Leur largeur, de 1 à 6 mètres (en grandes cultures), dépend de la zone sensible à protéger (plan d’eau, cours d’eau, fossé, voirie équipée d’un collecteur, etc). 
Ces zones tampon sont spécifiques aux produits. Elles sont mentionnées sur leur étiquette et peuvent également être consultées sur Phytoweb. Elles ne s’appliquent que si de l’eau est présente au moment de la pulvérisation sauf le long des voiries équipées d’un collecteur.
Leur largeur est définie par le Comité d’agréation des pesticides à usage agricole sur base d’une analyse de risque. Plus un produit présente une écotoxicité élevée pour les organismes aquatiques, plus la largeur de la zone tampon à respecter lors de l’application de ce produit sera importante.

Largeurs de zones tampon à respecter selon le type de zone sensible 

Pour les pulvérisations qui ne sont pas dirigées vers le sol

ZT étiquettes : bon à savoir ! 

1. Depuis le 1er janvier 2026, tout traitement phytopharmaceutique réalisé en plein air doit être appliqué avec du matériel réduisant la dérive d'au moins 75 %. Cette évolution s'accompagne d'une adaptation progressive des étiquettes des produits.

Actuellement, on peut encore lire sur des étiquettes des mentions telles que : 
• « zone tampon de 10 mètres avec technique classique » 
• « zone tampon de 20 mètres avec technique réduisant la dérive de 50 % »

Ces mentions ne reflètent pas encore l'obligation d'utiliser du matériel anti-dérive 75 % minimum. Pourtant, celle-ci est déjà en vigueur aujourd'hui, pour toutes les parcelles traitées.

Il incombe donc, à l’utilisateur, de faire lui-même le lien entre l'ancienne mention indiquée sur l'étiquette et la largeur de zone tampon à respecter réellement avec votre matériel anti-dérive 75 %. Pour vous aider, le SPF Santé publique met à disposition des tableaux de conversion, repris dans la brochure « Zones tampon et réduction de la dérive » sur Phytoweb.

Plus d'’info sur le système de conversion des largeurs de zone tampon

2. L’application d’un produit à base de terbuthylazine le long des eaux de surface requiert l’installation d’une bande enherbée de 20 mètres de large. Cette bande vise à limiter l’apport de produits phytopharmaceutiques par ruissellement et érosion. Cette zone a également un effet favorable sur la dérive du produit.
Plus d’information : FAQ – Terbuthylazine, bande enherbée sur Phytoweb

3. Pour protéger les organismes non ciblés en bord de champ, l’utilisation de certains produits requiert l’utilisation de matériel permettant d’atteindre un pourcentage minimum de réduction de la dérive, sur la totalité des parcelles traitées qu’elles soient ou non situées près d’une eau de surface. Si ces produits sont utilisés le long d’une eau de surface, une ZT doit également être appliquée. Celle-ci peut être réduite moyennant l’utilisation d’un matériel permettant d’atteindre un pourcentage de réduction de la dérive supérieur au pourcentage minimum indiqué.
Exemple : une zone tampon de 20 mètres avec technique réduisant la dérive de minimum 90% ne pourra pas être réduite. 

Fiche zones tampon par culture

Afin de rendre accessible cette législation complexe, les zones tampon sont indiquées chaque année dans les « listes des PPP autorisés » publiées par les Centres pilotes. On peut y consulter pour chaque produit agréé, la largeur de la zone tampon à respecter en fonction de la technique de réduction de la dérive utilisée.*  

FAQ - Zones tampon

Oui, mais il faut respecter les conditions cumulatives suivantes : - Le traitement doit être limité et localisé ; - Le traitement doit être réalisé au moyen d'un pulvérisateur à lance ou à dos, par injection, par humectation ou par badigeonnage. - Le traitement ne peut être réalisé que contre certains chardons (lanceolatum, arvense, crispus), Rumex (obtusifolius, crispus) et contre les plantes exotiques envahissantes. - Lors des traitements localisés réalisés avec un pulvérisateur à lance oui à dos, la « zone tampon » étiquette mentionnée sur le produit appliqué doit être respectée - Le 1er mètre de zone tampon ne peut jamais être traité en localisé au moyen d’un pulvérisateur à lance ou à dos.

La réglementation sur les zones tampon (l’AGw du 11/07/2013) n’impose pas d’enherbement. Toutefois :

1. Depuis le 1er octobre 2021, lorsqu’une terre de culture borde un cours d’eau, un couvert végétal permanent, composé de végétation ligneuse et/ou herbacée, doit être respecté sur une largeur de six mètres à partir de la crête de la berge. (Source : Décret du 2 mai 2019 relatif à la protection de la ressource en eau). Cette obligation ne concerne pas les parcelles exploitées en agriculture biologique ou en conversion bio.

2. L’autorité fédérale peut imposer, pour certains produits, l’enherbement de la zone tampon (ex : produits à base de terbuthylazine). Pour plus d’information, consultez le document « FAQ bande enherbée pour produits phytopharmaceutiques à base de terbuthylazine » sur www.phytoweb.be.

Non. La présence d’une haie entre une zone traitée et une zone sensible* n’est pas reconnue comme une mesure anti-dérive, lorsque la pulvérisation est dirigée verticalement vers le sol. Elle ne peut donc pas être utilisée pour réduire la largeur d’une zone tampon spécifique. *Zone sensible = eau de surface ou surface pour laquelle le risque de ruissellement vers les eaux de surface est élevé.

Consultez notre section FAQ - Zones tampon

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