"Remplissage, rinçage et nettoyage du pulvérisateur" version en allemand (cliquez ici)

Bases légales:

AGw du 11 juillet 2013 relatif à une application des pesticides compatible avec le développement durable (MB.05.09.2013) 
AGw du 11 avril 2019 modifiant divers arrêtés en ce qui concerne la gestion des risques de pollutions ponctuelles liées aux manipulations des produits et effluents phytopharmaceutiques (MB.25.06.2019) 
 
Sur cette page :   

Règles générales

Afin de limiter le risque de pollution ponctuelle de l’eau par les produits phytopharmaceutiques, les opérations de remplissage et de nettoyage (interne et externe) d’un pulvérisateur de plus de 20 litres doivent avoir lieu :

  • soit au champ;
  • soit sur une aire enherbée
  • soit sur une aire étanche et résistante mécaniquement et chimiquement aux produits phyto.

Toutes les opérations ne doivent pas nécessairement se faire au même endroit. Il est, par exemple, possible de remplir le pulvérisateur sur une aire étanche à la ferme et de le nettoyer au champ.

Les aménagements et équipements requis pour la réalisation des opérations de remplissage et de nettoyage varient en fonction de leur lieu de réalisation (cf. tableau ci-dessous). Cliquez pour agrandir.

 
 
Attention : En zone de prévention de captage (zone IIa et IIb), les aires étanches doivent être équipées d’un système de récupération des liquides. 
Des restrictions existent également concernant le stockage des effluents phyto. 
 
  
Si vous pensez être concernés, n’hésitez pas à prendre contact avec votre conseiller PROTECT’eau.
 

 

Plus d’informations sur les zones de prévention de captage : Cliquez ici  

Déclaration annuelle

Le lieu / les lieux où sont réalisées les opérations  de manipulation des PPP doivent faire l’objet d’une déclaration annuelle. Pour les agriculteurs,  via la Déclaration de superficie. Pour les autres utilisateurs professionnels, via le formulaire repris en annexe 3 de l’AGw du 11/07/2013). 

Registre de gestion des effluents phyto

La manière dont les effluents phyto sont gérés doit être consignée dans un registre. Ce registre doit être complété par toutes les personnes qui pulvérisent. Il doit reprendre les informations suivantes : 
 
- Le type d’opération (ex : nettoyage interne / externe du pulvérisateur)
- La date
- Le nom de l’opérateur
- Les PPP présents dans l’effluent
 
Si l’opérateur stocke ou traite des effluents phyto, il doit également enregistrer les données suivantes : 
   
- La quantité d’effluent stockée, traitée ou enlevée 
- Le cas échéant, la méthode de traitement
- Le cas échéant, le type d’opération réalisée sur le système de traitement et la date (ex: maintenance, renouvellement/réalimentation du substrat, réparation, …)
- Le cas échéant, l’identification et la date de l’intervention du prestataire externe venu enlever ou traiter les effluents
 
Le registre peut prendre diverses formes : carnet de champ, classeur de factures, … ou le modèle de registre proposé par PROTECT’eau (cliquez ici)

Equipements spécifiques nécessaires au remplissage

Un système anti-débordement et un système anti-retour doivent être mis en œuvre quel que soit le lieu choisi pour remplir le pulvérisateur.  Ces systèmes contribuent à réduire le risque de débordement de la cuve ou de retour de bouillie de la cuve vers la source d’approvisionnement en eau.

Systèmes anti-débordement

  • Système permettant l’arrêt automatique du remplissage tel qu’un volucompteur à arrêt automatique ou une jauge électronique reliée à l’arrivée d’eau
  • Citerne intermédiaire d’un volume inférieur ou égal à celui de la cuve principale
  • Système permettant de retenir l’attention de l’opérateur tel qu’un système d’alarme type sifflet ou un no-stress devant être maintenu dans sa position par l’opérateur pour permettre le remplissage

Systèmes anti-retour

  • Potence de remplissage
  • Citerne intermédiaire
  • Clapet anti-retour
  • … 
! AttentionIl est interdit de remplir son pulvérisateur directement à partir d’une eau de surface ou d’une eau souterraine. 
 
Utiliser ces ressources en eau reste possible moyennant  l’utilisation d’un système  de pompage dissocié du pulvérisateur (ex. utilisation d’une citerne intermédiaire) et de se trouver sur un lieu autorisé (champ, aire enherbée ou aire étanche).
 

Réalisation des opérations de remplissage et de nettoyage du pulvérisateur au champ

Nettoyage du pulvérisateur =

  • Rinçage interne à l’eau claire (incluant la dilution du fond de cuve au 100ème)
  • Lavage interne au moyen d’un détergent
  • Rinçage externe à l’eau claire et/ou lavage avec un détergent

Pour le nettoyage interne au champ, une cuve d’eau claire embarquée ou connectable au pulvérisateur est indispensable. 

Elle doit être d’une taille suffisante pour diluer le fond de cuve au 100e, effectuer le nettoyage de la cuve et éventuellement, nettoyer l’extérieur du pulvérisateur.

Le volume de la cuve d’eau claire sera égale à :

 -          10% du volume de la cuve principale, en présence d’un girolaveur ;

ou

-          20 % du volume de la cuve principale, en l’absence d’un girolaveur.

Conseil : Le nettoyage partiel du pulvérisateur au champ peut être envisagé également comme une pratique préalable et complémentaire à la solution « aire étanche » afin de limiter les quantités d’effluents à traiter sur l’exploitation.

La dilution du fond de cuve doit avoir lieu au champ. 

Après application de la bouillie, la vidange du fond de cuve au champ ou sur une aire enherbée est autorisée moyennant le respect des conditions cumulatives suivantes : 
 
• le fond de cuve doit être dilué jusqu’à ce que sa concentration initiale en matières actives soit divisée
par 100
• chaque étape de la dilution du fond de cuve doit être suivie d’une application de celui-ci sur la parcelle venant d’être traitée jusqu’au désamorçage du pulvérisateur 
• une fois dilué au 100ème, le fond de cuve résiduel (après désamorçage) peut être vidangé au champ ou sur une aire enherbée 
 
Equipement : voir les équipements obligatoires pour le nettoyage interne au champ
 
La vidange du fond de cuve non dilué peut avoir lieu, sur une aire étanche, pour peu que l’opérateur dispose d’une installation de stockage et/ou d’un système de traitement pour effluents phyto non dilués.
 
Utiliser notre calculatrice pour estimer le nombre de séquences de rinçage et les volumes d’eau à utiliser pour diluer votre fond de cuve au 100ème.
 
 

 

 

 

 

 

Pour le  nettoyage externe, en plus de la cuve d’eau claire, il faudra disposer d’une lance raccordée à une pompe ainsi qu’un tuyau d’une longueur suffisante.

Des kits de lavage embarqués existent sur certains modèles de pulvérisateur. Il est aussi possible de s’équiper avec un kit de lavage autonome.

 

Réalisation des opérations de remplissage et de nettoyage du pulvérisateur  sur une aire enherbée 

Une aire enherbée utilisée pour remplir et / ou nettoyer le pulvérisateur doit être :

  • plane
  • recouverte d’une végétation herbacée permanente
  • clairement identifiée (par exemple : indiquée par une croix sur les plans PAC)
  • dédiée à la manipulation des produits phyto (pas de stockage de machine, pas de pâturage, …)
  • il ne peut pas s’agir d’une zone de pâturage

Les dimensions  minimales de l’aire enherbée doivent correspondre à l’encombrement du pulvérisateur rampes repliées auquel s’ajoute un espace large de 1.5 mètre tout autour. Ces dimensions minimales devront être adaptées si les rampes doivent être déployées pour nettoyer correctement le matériel. 

Ces aires ainsi que les éventuelles installations de stockage ou de traitement qui équipent une aire étanche, ne peuvent être implantées à moins de :

  •  5 m de la voie publique
  • 10 m d’habitations de tiers
  • 10 m de tout point d’entrée vers les égouts, les eaux de surface et les eaux souterraines.
Remarque : 
Un usage intensif de l’aire enherbée pour le nettoyage du pulvérisateur est inadapté en raison de la difficulté à maintenir un couvert herbacé permanent (phytotoxicité, embourbement ,…). Par contre, pour le remplissage et quelques lavages externes par an, une aire enherbée située à proximité de la ferme est une alternative à celui qui ne souhaite pas investir dans une aire étanche bétonnée ou un système de traitement.
 
Equipement : 
Aucun équipement spécifique n’est obligatoire pour travailler sur une aire enherbée. Il faut toutefois veiller à disposer de suffisamment d’eau et du matériel nécessaire à la bonne réalisation des opérations de remplissage et/ou de nettoyage du matériel.
 

Réalisation des opérations de remplissage et de nettoyage du pulvérisateur sur une aire étanche

L’aire de remplissage / nettoyage du pulvérisateur doit être étanche et résistante mécaniquement et chimiquement en vue d’empêcher toute infiltration dans le sol des produits phytopharmaceutiques et adjuvants. 
Les documents attestant de l’étanchéité du matériau utilisé doivent être conservés (ex : facture mentionnant les caractéristiques du béton).
L’aire doit respecter les mêmes dimensions et distances d’implantation que l’aire enherbée (voir plus haut).

Si l’aire est utilisée pour nettoyer le pulvérisateur (nettoyage externe et/ou interne)

Les eaux polluées par les produits phytopharmaceutiques déversées sur l’aire étanche doivent être dirigées :

• soit vers un système de traitement (lit biologique, biofiltre,…) éventuellement précédé d’une citerne de stockage tampon. 
• soit vers une citerne de stockage dans l’attente d’un traitement par un prestataire externe ou d’un enlèvement par un collecteur agréé.
 
Remarques : 
 
1. Les éventuelles installations de stockage et de traitement des effluents phyto doivent respecter les mêmes distances minimales d’implantation (3) que l’aire étanche.
 
2. Les systèmes de traitement et installations de stockage doivent faire l’objet d’un dimensionnement adéquat. La preuve du dimensionnement doit être conservée (ex : calcul réalisé par l’opérateur lui-même, par une firme ou par un conseiller PROTECT’eau).
 
Le réseau de collecte des eaux issues de l’aire étanche doit permettre d’isoler les eaux polluées par les produits phytopharmaceutiques des eaux de pluie. 
Si l’aire n’est pas couverte (préau/hangar) prévoir un système de séparation effluents/eau de pluie efficace (5).
 

Si l’aire étanche est utilisée uniquement pour remplir le pulvérisateur

Dans ce cas, aucun système de collecte des effluents n’est obligatoire. Nous recommandons toutefois d’entreposer, à proximité de l’aire étanche, de la matière absorbante pour récupérer des épanchements accidentels. 
 

Conditions spécifiques pour les aires étanches aménagées et systèmes de traitement installés avant le 05/07/2019.

 Pour les aires étanches aménagées datant d’avant le 05/07/2019 :

  • Les dimensions minimales ne s’appliquent pas
  • Les distances minimales d’implantation ne s’appliquent pas

Pour les systèmes de traitement installés avant le 05/07/2019

  • Les distances minimales d’implantation ne s’appliquent pas

Ces systèmes de traitement ainsi que les installations de stockages d’effluents avant traitement, d’eau résiduelles ou de déchets issus du traitement peuvent toujours être utilisés moyennant les conditions suivantes :

  • Les détenteurs d’un système de traitement doivent le déclarer auprès de l’administration avant le 05/01/2020. Il faut pour cela utiliser le formulaire suivant.
  • Absence de rejet direct : Les eaux polluées par des produits phytopharmaceutiques ne peuvent en aucun cas atteindre une eau de surface ou une eau souterraine, un captage, un piézomètre ou un point d'entrée d'égout public.
  • Le cas échéant, les eaux résiduelles, les substrats et autres sous-produits issus du système de traitement sont gérés conformément à l’article 11 de l’AGw du 11 avril 2019.
  • Le système est en bon état et entretenu. Les opérations de maintenance du système de traitement sont consignées dans un registre
  • Le système est dimensionné en fonction des volumes d'effluents phytopharmaceutiques produits actuellement sur l'exploitation.

 Des fiches techniques détaillées sont disponibles  en téléchargement dans nos publications ( fiches STEPHY )

Pour plus d’information, demandez la visite de votre conseiller PROTECT’eau